1969, l'échec évident ?

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1969, l'échec évident ?

Message par Commander Bond » 03 oct. 2011, 01:19

Après cinq ans passés à incarner le personnage, et même plus, à le symboliser au point d'être comparé et identifié à lui, Sean Connery quitte le rôle en 1967/1968 et la production cherche un nouvel acteur pour remplacer l'écossais. Parmi les acteurs "castés" pour le rôle (ouf j'ai pas fait de faute de frappe), il y a notamment John Richardson, Robert Campbell ou Michael Caine. C'est finalement, on le sait, George Lazenby qui décroche le précieux sésame... le précieux sésame ou le Pouilleux ? Parce que prendre le rôle en 1969, en dépit de la très bonne musique de John Barry, de la très bonne réalisation de Peter Hunt, ou de la très bonne prestation de Diana Rigg en Tracy di Vicenzo, c'était automatiquement subir la comparaison avec Sean Connery et donc... ne pas être à la hauteur. Je ne dis pas par là que Sean Connery est "le seul et unique James Bond" et que personne ne lui arrive à la cheville, mais j'entends que comme il symbolisait le personnage à cette époque et que son influence sur le rôle est majeure à tel point qu'il reviendra en 1971 pour Diamonds are forever, en 1983 dans le hors-saga Never say never again, qu'il a failli revenir dans les années 90 pour un énième remake de Thunderball, et que Lee Tamahori voulait le faire jouer dans Die another day.

Autrement dit, succéder à Sean Connery en 1969 était Mission : impossible. Donc, le rôle en 1969, un sésame ou le Pouilleux ? A votre avis ?
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par GUY007 » 03 oct. 2011, 22:51

C'est vrai que pour beaucoup Sean Connery était James Bond (et pour certains, il reste le vrai, l'unique). La production a même voulu le démontrer : en 1967, sortent les deux James Bond concurrents Casino Royale et On ne vit que deux fois. Et l'affiche du film produit par le duo Satlzman et Broccoli est explicite : Sean Connery is James Bond. Comme si David Niven n'était qu'un usurpateur. En 1983, rebelotte : Sean Connery est James Bond. Kevin McClory veut ainsi démontrer que Roger Moore n'en est qu'une pâle copie.
Il est vrai que succéder à Sean Connery n'a pas été évident pour Lazenby. Il a donc regardé les films précédents pour s'inspirer de son prédécesseur. La production a tout tenté pour imposer le nouvel acteur (le prégnérique, le générique, quelques références aux missions précédentes de l'agent secret). Et j'ai l'impression que ça a fonctionné car ce film, s'il a connu moins de succès que les précédents, a rapporté de l'argent et que Lazenby a été confirmé dans le rôle. C'est lui qui, mal conseillé, n'a plus voulu être l'agent 007.

Donc, pour moi, en 1969, malgré les difficultés, le rôle était un sésame.

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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Commander Bond » 31 oct. 2011, 23:11

GUY007 a écrit :Donc, pour moi, en 1969, malgré les difficulté, le rôle était un sésame.


Le rôle était encore un sésame même si la Bondmania était déjà (même si tout est relatif) sur le déclin. Le summum de la Bondmania c'est 1964/1966, or à partir de You only live twice, tout commençait à partir en vrille. D'ailleurs c'est le film qui a le moins marché au box-office depuis From Russia with love, mais à cette époque, Bond était sur la pente ascendante. La saga commençait aussi à prendre un autre tournant, plus appuyé sur la science-fiction. Au final faire des allers-retour entre les scénarios sombres (Dr No, From Russia with love, Thunderball) et les plus légers (Goldfinger, You only live twice) n'a peut-être pas plu non plus à l'époque. On peut peut-être y voir une autre raison à l'échec d'On her Majesty's secret service.
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par DB II » 18 avr. 2012, 17:27

Très simplement il fallait laisser beaucoup plus de temps à Lazenby pour se préparer à endosser le rôle, lui ménager un vrai coaching (lecture de Fleming, visionnage des opus précédents ça c'est indispensable et je doute malgré la propagande de l'époque que Lazenby ait fait autre chose que détailler l'allure de Sean...) mais surtout qu'il bosse son jeu dans les différents aspects ! Il n'était pas acteur, il avait fait une ou deux publicités. Pour ce qui est de la présence et de la prestance en tant que mannequin, il savait faire mais pour donner de l'épaisseur à un rôle, pour incarner un rôle il faut apprendre le métier. C'est surtout à cette époque qu'il aurait fallu attendre 3 ans avant de faire un film si on voulait ce type dans le rôle pour ce film. Ou alors, faire You only live twice car ce film ne nécessitait pas grand chose de plus que de la présence physique. On her Majesty's secret service a toujours été prévu pour être un film "humanisant" 007. Dès lors pourquoi choisir un mannequin quand on veut justement casser la simple silhouette au Walther ? C'est John Richardson qui aurait convenu mais là, problème inverse,les scènes d'action en aurait sûrement pâti à moins d'un excellent cascadeur et d'une réalisation au cordeau...

http://life.time.com/culture/being-007-behind-the-scenes-at-james-bond-auditions/#3
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Cesari » 08 août 2012, 11:34

Personnellement, je pense que n'importe qui se serait planté à l'époque, en 1969. John Richardson, Roger Moore ou bien même mon curé... Dans l'esprit du public, Sean Connery était James Bond. Donc, personne n'aurait pu le remplacer, aussi doué soit-il. Finalement, George Lazenby offre une interprétation remarquable et un jeu totalement "instinctif". Il est bouleversant dans les scènes intimiste et extraordinaire dans les scènes d'action. On lui aurait donné trois ans de coaching qu'à mon sens ça n'y aurait rien changé. Son jeu aurait peut-être été plus nuancé mais il aurait sans doute été moins frais et moins impulsif... En 1973, quand Roger Moore arrive, le public est prêt à accepter un nouveau visage pour James Bond.
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Bondmax » 08 août 2012, 15:42

J'aime beaucoup comment tu vois G.Lazenby, je le vois pareil que toi dans On her Majesty's secret service (Mon Bond préféré). En faite Lazenby a éviter l’échec de Roger Moore. Il a servit de tremplin pour la succession d'acteur.
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Francisco » 09 déc. 2012, 13:57

Pas d'accord pour dire que "On ne vit que deux fois" était un Bond à la baisse. "Au service secret de Sa Majesté" est essentiellement un désastre dû à Lazenby. Avec Sean, cela aurait été le meilleur film de la série.
Choisir un mannequin sans expérience et surtout qui au milieu du film annonce qu'il ne fera pas le film suivant, fut une erreur difficilement compréhensible.
Pendant le tournage de You only live twice, Broccoli et Saltzman pensaient adapter L'homme au pistolet d'or et engager Roger Moore (voir bonus dvd). Il y avait aussi Adam West/Batman en coulisses et sans doute aussi Ian Ogilvy.
En fait, Lazenby a failli tuer la poule aux oeufs d'or que Sir Sean a sauvé en 71 avec les diamants sont éternels.
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Sir Godfrey » 09 déc. 2012, 14:29

Francisco a écrit :En fait, Lazenby a failli tuer la poule aux oeufs d'or que Sir Sean a sauvé en 71 avec les diamants sont éternels.


Bien évidemment d'accord pour dire que la prestation de Georges laisse à désirer, que prendre un mannequin "sans" expérience est un pari risqué et que finallement On her Majesty's secret service est un film à part entière mais qui reste LE chef d'oeuvre de la saga. Concernant Sean mon avis est un peu mitigé. Je dirais plutôt que son retour n'a été que tampon pour le passage de flambeau à Roger Moore qui lui était un acteur populaire est bien connu du public.
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par DB II » 09 déc. 2012, 15:09

D'autant plus que Connery n'a pas franchement aidé le personnage avec sa perruque et son bide dans Diamonds are forever, comparé à l'athlétique Australien...
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Francisco » 09 déc. 2012, 16:52

Au service secret de Sa Majesté le chef d'oeuvre de la saga ? Pas l'avis du public en tout cas. Dire que le roman, par contre, est sans doute le meilleur de Fleming. Revons à ce qu'aurait pu être On her Majesty's secret service avec Sean. Quant à Roger, il a dit dans une interview "Bond se marie et sa femme est tuée dans un film dans lequel je n'étais pas, fort heureusement".

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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Sir Godfrey » 09 déc. 2012, 19:04

L'avis du public, je ne sais pas. Mais celui de la plupart des fans de 007 certainement. Je ne connaissais pas l'interview de Moore, c'est vrai que le film n'a pas fait succès lors de sa sortie, c'est peut-être ce qu'il veut dire. Quand on est acteur populaire, on se veut de jouer dans les films qui marchent bien sur le moment comme ceux de Moore au prix de ne pas conserver leur rang dans la postérité ; à l'inverse du film de Lazenby.
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par DB II » 09 déc. 2012, 19:07

Francisco a écrit :Au service secret de Sa Majesté le chef d'oeuvre de la saga ? Pas l'avis du public en tout cas.

Ce film a été largement ré-évalué par le public et les critiques depuis. Le réalisateur d'Inception lui a d'ailleurs rendu hommage dans une interview et déclare s'être inspiré de la fin de On her Majesty's secret service pour la fin de son film. Roger Moore a toujours eu une aversion pour toute forme de violence mais ne s'est pas embarrassé de principes lorsqu'il a fallu payer le fisc de la Couronne : il a tourné The Sicilian Cross. On her Majesty's secret service est un grand film MAIS Lazenby est insuffisamment préparé.
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Francisco » 09 déc. 2012, 20:02

En dehors de Lazenby, il y a beaucoup de choses qui expliquent l'insuccès en 69 de On her Majesty's secret service.

Tout d'abord, pourquoi ne pas avoir proposé un contrat à Donald Pleasence pour incarner Blofeld dans plusieurs films : Dans YOLY, il est tout à fait le personnage, mégalomane, assez fou, et Blofeld ne l'est il pas pour vouloir le titre de Comte de Bleuchamp ?
Tandis qu'avec Telly Savalas, on a un Blofeld pas du tout fou, qui a l'air plus malin que James Bond.

Ensuite, après la débauche de décors de You only live twice, ce film adapté fidèlement du livre fait "pauvre" à l'écran : on a l'Aston Martin DBS, mais Bond s'en sert à peine. Il n'y a pas de gadgets.

Le travers de l'adaptation trop fidèle avait été évité par Bons baisers de Russie, n'oublions pas que dans le roman, Rosa Klebb gagne et Bond tombe sur le tapis en étant empoisonné. Avec Sean, on a une toute autre vision d'un Bond décontracté, et la mort de Rosa Klebb va de soi.

Prendre un réalisateur (certes bon monteur) dont c'était le premier film, Peter Hunt, alors que Young, Hamilton et Gilbert avaient fait des prodiges, cela s'appelle prendre un risque insensé.

Broccoli et Saltzman ont sous estimé l'intelligence de Bond, quand même un acteur comme Richard Burton avait été envisagé pour Dr No, là on prend quelqu'un de sportif en se disant qu'on va tout reprendre au montage ?

Et puis après You only live twice, revenir à l'adaptation fidèle, cela ne pouvait pas marcher. Road Dalh et Harold Jack Bloom avaient concocté une très bonne histoire originale, il fallait aller dans ce sens.

Avec un atout comme la bande originale de Barry, sa meilleure pour moi dans la veine des quatre derniers Connery/Eon (1), un thème du générique génial (même si diamonds are forever et you only live twice ne déméritent pas), faire un film noir réaliste sans les décors de Ken Adam était suicidaire.

Pour la mort de Tracy, puisque c'était un passage incontournable, on aurait pu la situer pas à la fin du film, permettant une vengeance de 007.

Je serais curieux de connaître les audiences télé de On her Majesty's secret service par rapport aux Bond de Connery.


(1) Je ne suis pas fan de la musique de Dr No, notamment les chants. A part évidemment le JB Theme.
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Sir Godfrey » 09 déc. 2012, 22:01

Francisco a écrit :Tout d'abord, pourquoi ne pas avoir proposé un contrat à Donald Pleasence pour incarner Blofeld dans plusieurs films : Dans YOLY, il est tout à fait le personnage, mégalomane, assez fou, et Blofeld ne l'est il pas pour vouloir le titre de Comte de Bleuchamp ?
Tandis qu'avec Telly Savalas, on a un Blofeld pas du tout fou, qui a l'air plus malin que James Bond.


C'est vrai. Blofeld n'aura jamais eu le privilège d'être campé par un seul et même acteur. La moindre des choses aurait été de laisser Pleasance pour le film suivant. A ce niveau, je trouve les choix de la production assez brouillons, Leiter aura subi le même sort...
Je considère toujours Blofeld comme étant LE Moriarty de Sherlock Holmes, le véritable cerveau de tous les adversaires de Sean Connery depuis Dr No (à part Goldfinger) et à la fin, on n'a qu'un personnage sans saveur... quel regret

Francisco a écrit :Prendre un réalisateur (certes bon monteur) dont c'était le premier film, Peter Hunt, alors que Young, Hamilton et Gilbert avaient fait des prodiges, cela s'appelle prendre un risque insensé.


Tout à fait. Mais je ne considère pas les exemples de Hamilton et Gilbert comme étant de bons réalisateurs, contrairement à Young ou Glen. Avis personnel.

Francisco a écrit :Et puis après You only live twice, revenir à l'adaptation fidèle, cela ne pouvait pas marcher. Road Dalh et Harold Jack Bloom avaient concocté une très bonne histoire originale, il fallait aller dans ce sens.


Là encore, je ne trouve pas le scénario de You only live twice, c'est pour moi de la pure fantaisie spectaculaire mais infondée. Ce n'est pas vraiment le type de films que j'apprécie dans la saga. Mais si les scénaristes ne sont pas allés dans ce sens, peut-être parce que l'histoire originale de Fleming n'avait pas besoin de lifting ou de modification. Toi même classe en première position ce roman, à l'écran il rend très bien. Le seul défaut, c'est la performance de Lazenby en tant qu'acteur (pas cascadeur..), il ne faut pas s'en prendre au scénario. Je ne suis pas sûr (à vérifier tout de même) qu'il soit la raison de l'échec.


Francisco a écrit :Pour la mort de Tracy, puisque c'était un passage incontournable, on aurait pu la situer pas à la fin du film, permettant une vengeance de 007.

Pas bête. Je prends !
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Francisco » 15 déc. 2012, 19:41

J'ai regardé cet après midi "Au service secret de Sa Majesté" en DVD.

Le style de l'épisode fait très "film noir" comme "Bons baisers de Russie". Or avec Goldfinger/Thunderball/You only live twice, on était passé à une autre dimension pour les films de Bond, ce qui a sans déconcerté les spectateurs de 1969.

Ce qui choque d'emblée, c'est que pour négocier ce virage délicat, on prenne un inconnu et pas une valeur sûre. Je dirais donc qu'il fallait soit convaincre Sean de revenir, soit choisir un autre roman pour "établir" Bond sans avoir gérer cette cassure entre le Bond façon Goldfinger et le film noir.

Parce qu'en somme, le spectateur de 1969 doit à la fois admettre un nouvel acteur dans le rôle et en plus ce virage. C'est la démarche faite en 2006, mais en 1969 le public était encore sous l'emprise de Sean, seul comédien qui ait joué le rôle.

En dehors de l'acteur, ce qui fait un bon roman ne fait pas forcément un beau film. Ainsi, nous assistons à une longue scène ennuyeuse (qui n'est pas dans le livre) lorsque Bond découvert par Blofeld est capturé et s'évade, non pour se sauver à ski, mais revenir espionner les plans de Blofeld. Là, très franchement, on s'ennuie ferme. La cascade sur le fil du téléphérique enchaînée avec la fuite à ski aurait été une suite plus logique. Il y a aussi trop de bavardages, eux tirés directement du livre, le premier dialogue Marc Ange Draco/Bond notamment. Maibaum fait aussi plusieurs erreurs : lorsque le tueur de Draco fait asseoir Bond dans la barque, il va le tuer, alors que l'ordre de son patron était de l'inviter à le rejoindre. Dans cette scène, Bond sauve sa peau de justesse.

Plutôt qu'à Richard Maibaum, on aurait dû confier le script à Lewis Gilbert, en gardant le meilleur du livre, et en l'intégrant dans une histoire plus trépidante.

Ainsi, comparons Osato et Grumbold, 007 ne risque pas grand chose en photocopiant les documents de l'avocat, alors qu'Osato et ses tueurs sont autrement plus menaçants.

Dans le roman, Tracy est une femme faible et dépressive, Diana Rigg, notamment lorsqu'elle se bat avec Youri Borienko, est plus proche d'Emma Peel que de Tracy. Je la garde cependant face aux choix de Deneuve et Bardot qui ne sont pas le personnage. La seule que je lui aurais préféré est la française Muriel Baptiste qui ressemble beaucoup à Diana (ou l'inverse), comme le montre les photos suivantes. C'est d'autant plus dommage que la française était au chômage en 1968, année où elle n'a rien tourné. Muriel née en 1943 avait pile l'âge du rôle cf tombe de Tracy dans le prégénérique de "Rien que pour vos yeux"

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J'ai lu le fil entier de discussion, et je ne suis pas d'accord de faire jouer Draco à Lino Ventura. Gabrielle Ferzetti est parfait.

En choisissant Savalas, on a un Blofeld sportif, on n'imagine ni Donald Pleasence ni le Blofeld des romans s'élancer à ski à la poursuite de Bond. Ilse Steppat, par contre, était l'Irma Bunt idéale. Quel couple de "cinglés" haut en couleurs elle aurait formé avec Donald Pleasence.

Donc, tout n'est pas la faute de Lazenby, mais il y a aussi des erreurs qui proviennent du script de Maibaum, ou du fait d'avoir mis dans la distribution certains acteurs comme Savalas.

La réussite du film, c'est la fin, très émouvante. Telle quelle, elle n'aurait pas convenu à Sean, rappelons nous son absence d'émotion à la mort d'Aki dans You only live twice. Mais le personnage est écrit de façon à s'adapter à l'acteur, ainsi on n'a pas écrit du "Moonraker" pour Timothy Dalton. Et Sean étant un bon comédien, il aurait assuré dans une scène écrite pour lui.

Bref, on aurait pu éviter le ratage de ce film. En visionnant les DVD dans l'ordre, il est un sacré choc juste après "You only live twice" alors que ce dernier s'enchaîne bien après "Thunderball".
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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par rosalindaursery » 05 juin 2013, 22:18

DB II a écrit :D'autant plus que Connery n'a pas franchement aidé le personnage avec sa perruque et son bide dans Diamonds are forever, comparé à l'athlétique Australien...

ouais exactement ce que je pense

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Re: 1969, l'échec évident ?

Message par Doctor No » 03 mars 2018, 09:16

Je me permets de déterrer ce topic pour exprimer mon profond désaccord vis-à-vis du titre. Il est évident que succéder à Connery était quelque chose de délicat et compliqué dû à la pression populaire autour du rôle. Mais je ne pense pas que ce soit réellement ce qui ait tué Lazenby. Je miserais davantage sur le fait que ce dernier ait, avant même la sortie de son film, annoncé que On her Majesty's secret service serait le seul et unique long-métrage de la saga qui le mettrait en vedette.

Ce n'est pas tant le fait qu'il ne soit pas revenu pour des suites qui pose problème à mes yeux, même si cela aurait aidé et que j'aurais adoré voir cela, mais que avant même que le film ne soit en salle, le public ait cette impression qu'il ne s'agissait que d'une parenthèse, d'un hors-série, d'un acteur d'un jour. Tout de suite, ça décrédibilise l'entreprise d'imposer un nouveau Bond, et ce alors que personne n'avait encore pu le juger.

Lazenby aurait annoncé publiquement après la fin de l'exploitation de On her Majesty's secret service son intention et désir de ne pas revenir, je pense que les résultats au box-office du film auraient été différents, mais aussi que celui-ci, et son acteur, n'auraient pas été perçus de la même manière par son public contemporain. Aujourd'hui, la situation aurait toujours été la même : Lazenby n'a réalisé qu'une seule mission cinématographique. Mais à l'époque, le public aurait eu le sentiment qu'il était là pour rester et donc n'aurait pas visionné le long-métrage dans le même état d'esprit.

Cela se base sur beaucoup de suppositions, mais l'échec aurait pu être se transformer en réussite si les spectateurs avaient l'idée que ce Bond serait celui des prochains films. L'échec de Lazenby, et non pas celui de cet opus en tant que tel, vient du fait qu'ils savaient avant même la sortie en salle qu'il ne représentait aucune importance pour l'avenir de la franchise. Le rôle en 1969 m'apparaît donc bien comme un sésame, si jamais Lazenby n'avait pas fait annoncé aussi tôt ses intentions et que la production l'avait donc présenté comme le Bond des prochaines années.

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